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A quel âge et avec quel instrument as-tu commencé à jouer ? |
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Si je m’en souviens bien j’avais 17 ans quand j’ai commencé. Avec quel instrument ? Alors c’était Yves (Yves Michel, directeur de 1948 à 1981) qui nous proposait un instrument et pour moi ce fut un alto. Il voyait déjà qu’avec un petit instrument ça n’irait pas. J’ai joué quelques années 3ème alto. Il y avait « Titi » Ruffieux et le père Fillistorf qui était déjà pas mal âgé et moi j’étais tout jeune avec ces 2. |
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Et pourquoi as-tu choisi cet instrument ? |
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Parce que l’on me l’a imposé. |
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Et après tu as pris la basse ? |
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Et bien je peux te dire que Yves c’était déjà un terrible directeur. Il a voulu me mettre au trombone. Il n’y avait pas de trombone à coulisse à ce moment là, c’était à pistons. Et puis il fallait avoir du souffle, c’était dur et il a vu que ça n’allait pas. Et puis il a voulu me mettre à l’euphonium, j’étais à côté du grand Joseph Michel. Là j’aurais dû travailler mon instrument parce que j’aimais cet instrument mais avec le boulot, je ne travaillais pas assez à la maison. Alors Yves s’est tout de suite aperçu que ça n’allait pas et il m’a mis à la basse. C’est depuis là que j’ai la basse mib. J’ai joué passé 30 ans avec la basse mib. |
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Combien de temps as-tu joué à la fanfare de Courtepin ? |
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J’aurais aimé faire jusqu’à 50 ans, mais après 38 ans j’ai dû arrêter. J’ai été opéré pour l’arthrose. Je me souviens, on avait été à Saignelégier pour l’inauguration des uniformes de Saignelégier. J’ai assisté au cortège du samedi, mais le dimanche, j’ai dû les regarder passer parce que je ne pouvais plus marcher. C’est droit après que j’ai arrêté. J’ai fait 38 ans de fanfare, mais j’aurais aimé faire plus. Quand on va aux vétérans et que l’on voit de ceux qui ont 60 ans de musique et qui sont encore en forme, c’est beau à voir. |
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Te souviens-tu de ta première répétition ? |
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De ma première répétition… Je me souviens de la première marche que j’ai joué, c’était Marignan. Dimanche à Neyruz, pour les vétérans, ils ont commencé avec cette marche et j’ai encore raconté à mes collègues vétérans comment ça avait été. Personne ne nous avait dit qu’après l’entrée il y avait 2 points (Signe de reprise) et qu’il fallait répéter. Nous qui avions l’accompagnement on faisait poum-poum, poum-poum, toute la longueur de la marche et tout d’un coup on était à la fin et on ne savait pas où il allait chercher toutes ces notes supplémentaires. Ce n’est pas comme vous maintenant, toi qui joues de l’alto vous avez des partitions beaucoup plus mélodieuses. |
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Quel est ton meilleur souvenir ? |
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Il y a beaucoup de bons souvenirs… il y a beaucoup de mauvais aussi. Mais un bon souvenir c’était quand même lors de ma première fête cantonale à Estavayer-le-Lac. Nous avions joué Aïda. Il n’y a pas si longtemps, mon collègue « Pfeff Julmy », qui avait commencé avec moi, m’a dit qu’il aimerait bien que je vous demande de rejouer Aïda pour les vieux. C’est quand même une belle pièce Aïda. Mais notre première cantonale c’était un souci pour nous, on était jeune et encore pas trop bon. |
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Quel est le morceau que tu préfères ou que tu as préféré jouer ? |
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Peut-être au début avec Monsieur Rouillet (Joachim Rouiller, directeur de 1938 à 1948), on était tellement jeune, on ne faisait pas attention à ce que l’on jouait. Mais une fois que Yves a pris la direction de la fanfare, on a toujours été satisfait des pièces et des marches qu’il prenait. Il n’y avait pas de commission musicale, c’était lui qui décidait. Il a toujours pris de belles pièces. Même pour les cantonales, moi j’ai toujours été content des pièces qu’il choisissait. Au contraire de celles qui nous étaient imposées. On a eu des pièces imposées que même Yves n’aimait pas. Alors c’était un peu difficile pour arriver à la donner comme il faut. |
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Sous la baguette de quels directeurs as-tu joué ? |
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Ca fait 3 directeurs. Monsieur Joachim Rouiller, pas beaucoup d’années, mais je ne me souviens plus très bien, ensuite c’était Yves qui a dirigé pendant passé 30 ans et ensuite j’ai joué quelques années avec Guy (Guy Michel, directeur de 1981 à 1985). Alors c’était déjà autre chose, parce que Guy demandait beaucoup. Et puis combien de fois il m’a dit : mais tu ne joues pas à la maison, il faut travailler. Mais pour nous c’était le travail avant la musique. |
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As-tu constaté des différences entre la fanfare actuelle et celle où tu jouais à l’époque ? |
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Mais il y a une grande différence. La fanfare de Courtepin a toujours été une très bonne fanfare. Mais depuis qu’elle est devenue Brass Band et au jour d’aujourd’hui vous avez des pièces qui … vraiment c’est quelque chose. Dernièrement vous avez joué 2 fois à l’église. À l’occasion du départ de Modeste, la pièce que vous avez jouée était fantastique. Lors de la dernière patronale, quand on entend les morceaux que vous avez joués pendant la messe c’est vraiment beau, c’est net. Faut quand même que je puisse vous vanter. |
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Ce n’était pas comme ça à l’époque ? |
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On a toujours pas mal joué, mais on a aussi eu… je m’en souviens tout jeune lors d’une marche de procession avec Monsieur Rouillet, on avait la bénédiction d’une croix à Breilles, on a crevé et on a dû arrêter, ça n’allait pas. |
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Connais-tu le passé de la fanfare, ses débuts ? |
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Et bien j’ai déjà de l’âge, mais je ne me souviens pas quand elle a débuté, mais comme j’ai entendu des échos… Le premier directeur a été Monsieur Ernest Meuwly (1909-1913), il a commencé avec quelques amis. Alors nous quand on a commencé, les amis que j’ai dit, c’était son fils qui était président de la fanfare (Maxime Meuwly). Autrement les débuts je ne peux pas dire parce que je n’ai pas 100 ans encore. |
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Comment imagines-tu le 100ème anniversaire de la fanfare ? |
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Là j’ai réfléchi, mais … j’imagine vraiment une belle fête pour vous, vous les jeunes surtout. Moi je verrais un beau concert comme Siviriez ont fêté leur 100ans le week-end passé. Moi je vois ça avec un beau concert, une grande fête et puis j’ai déjà appris que vous pensiez refaire les uniformes. C’est très difficile de faire le choix, mais je pense qu’avec la bonne entente que vous avez dans la fanfare vous allez choisir un bel uniforme. Quand même que nos anciens sont très beaux. Moi j’ai porté 3 uniformes. Le premier je ne l’ai pas eu tant longtemps, le deuxième et le troisième je n’ai pas pu le porter assez longtemps parce que j’ai dû arrêter. Mais j’ai quand même pu le porter quelques années. Et je n’aimais pas tant jouer, parce qu’il fallait mettre les gants pour jouer. |
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Que souhaites-tu à la fanfare de Courtepin pour son avenir ? |
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Que ça continue comme à présent, vous avez tous les registres qui sont vraiment complets, avec les 2 nouveaux jumeaux (Francis et René Schmidhäusler) c’est des sommités égales à Jean-François et Guy Michel. Alors moi je vous souhaite que ça dure encore longtemps et que vous alliez toujours plus loin. Pas tant plus haut, ça sert à rien d’aller en excellence, mais rester dans une bonne catégorie et bien jouer. |
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Est-ce que tu as autre chose à rajouter ? à raconter ? |
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Non pas spécialement. Une chose que je pourrais dire … Le papa des 2 jumeaux, Arthur Schmidhäusler que nous avons enterré ce printemps, il me disait toujours, si tu as un veau qui ne sait pas boire prends-le avec toi à la fanfare. Alors tu vois pourquoi il disait ça, parce que la fanfare dans le temps ce n’était pas toujours ... aujourd’hui c’est différent. Vous aimez quand même bien faire vos soirées. J’ai aperçu lors de la dernière assemblée, que tout le monde est content, mais nous on a aussi eu fait toute la nuit à l’assemblée en étant jeune. Une fois j’étais rentré à la maison, c’était trop vite pour commencer à fourrager, je suis redescendu au Chasseur boire un verre. |
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